L’autoportrait de l’artiste est une commande, et Jean Denant ne s’était jamais essayé à ce genre fort délicat. Là où d’ordinaire, l’engagement physique de l’artiste, l’assujettissement de ses gestes à la force propre des matières aboutissent malgré tout à des installations harmonieuses, à des jeux de lumières savamment orchestrés, le choix de l’assemblage donne ici l’impression d’une transformation stoppée abruptement. Le polystyrène, le placoplâtre semblent avoir été extraits de la terre au même titre que la pierre, exhumant une mémoire. Le miroir est le seul élément dont les contours ne sont pas accidentés, mais il ne se distingue pas tout à fait des autres composants, étant également pris par le serre joint. Le tout forme une stratification tellurique. L’architecture apparaît plutôt en filigrane, de manière archaïque, quand il s’agit encore d’interroger le sol bien que la suite du processus soit évoquée par la présence de tous les matériaux phares de l’artiste. Le socle même de l’oeuvre est ce caisson de chantier qui crée une distance avec le white cube, cette apparente neutralité de l’espace d’exposition.


                                                Constance Moréteau

2010 : «Auto/Portrait» Jeune Création, Paris, Fr

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